0

                                                                                                                                 ~~~

1

Merci d’être là pour ce débriefing.
Depuis maintenant presque un an, nous avons tenté un nouveau traitement qui consiste à stimuler des zones par d’autres afin de solliciter les capacités cérébrales. Suivant les différents comptes-rendus ainsi que le dernier électroencéphalogramme, les paramètres vitaux me semblent bien stabilisés. 
J’aimerais avoir votre avis. Pensez-vous qu’aujourd’hui, on pourrait parler d’état de conscience minimale que d'un état végétatif, dont seules les fonctionnalités primaires du cerveau fonctionneraient. 
- Pour ma part, je ne pense pas, même s’il y a beaucoup plus de réactions à certaines stimulations extérieures, pour moi, c’est encore trop insignifiant pour conclure à un changement d’état.
- Donc pour toi Mélissa, rien n’a changé ?
- Je ne dirais pas ça, je veux dire seulement que nous ne sommes pas encore dans un état qui pourrait aller jusqu’au réveil. 

2

Sincèrement, ça ne fait que quelques mois que j’occupe ce poste, mais j’ai remarqué qu’après la visite de la famille, son regard semble moins perdu. 
- Oui, je l’ai moi aussi remarqué, c’est toi qui remplaces Jenny ?
- Oui, jusqu’à son retour. 
- Justement, on a reçu un courrier ce matin, sa mère est gravement malade, elle a demandé une mutation dans l’hôpital où se trouve sa mère. Alors si tu le souhaites, tu peux continuer à ce poste.
- S’ils sont d’accord, moi, je veux bien continuer à lui faire les soins. Jenny m’avait laissé son livre où elle pointait toutes ses observations, elle m’a aussi montré ce qu’elle faisait. 
- D’accord, je leur parlerais de toi, à la famille. 
- Merci. 

3

Moi, perso, je suis partagé.
- Pourquoi ?
- Lors de ses séances de massage et surtout lors des séances de watsu, j’irais dans le sens de David, il y a quelque chose qui se passe dans son regard et plus encore dans son corps. 
Nous savons bien que dans l’état végétatif, certains entendent, mais leur cerveau ne peut ni traiter le son ni l'associer à un souvenir et sincèrement depuis quelque temps, je ne suis plus sûr que ce soit son cas, même si je ne crois pas que son état est proche du réveil.
- d’accord, je vois et concernant les différents traitements, on les maintient tous ? 

4

Oui, je suis pour.
- Et pour le traitement de phytotherapie-homeopathie pour son poids ? 
- Depuis plusieurs mois, son poids reste stable. Je ne sais pas ce que les autres en pensent, mais pour moi, je pense que le traitement y est pour quelque chose.
- Jenny notait qu’elle trouvait une différence depuis le traitement de phytotherapie-homeopathie.
-En positif ?
- Oui.
- D’accord et toi, Justine ?
- Je ne vais pas dire qu’elle est plus lourde à retourner lors des massages, mais je sens une amélioration dans les tissus. 
- On valide donc tous les traitements. 

5

Regardez, c’est Fred, je ne savais pas qu’il était rentré de voyage.
- Moi, non plus.

6

Salut Fred, ça fait longtemps que tu es rentré ?
- Hier matin. Aujourd’hui, j’avais un bilan médical à passer.
- Tu es malade ?
- Non, rien de grave, juste un contrôle, mais, j’en ai profité pour passer dans sa chambre. Pas de grand changement, à part ses yeux, maintenant savoir si c’est volontaire ou involontaire. 
- Ce n’est pas flagrant, mais depuis quelque temps, je t’assure, on voit quelques signes. 
- Tant mieux si ça commence à bouger. Ça vous dit un barbecue à la maison pour nous changer les idées ? 
- On est partant.
- Alors à tout à l’heure. 

7

Lily, je ne veux pas que tu penses que je mêle ce qui ne me regarde pas, mais comment va Eric en ce moment, je le trouve soucieux. 
- C’est vrai, tu sais entre le travail et soutenir ses amis ça fait beaucoup. Mais dans quelques jours, il sera en vacances, on a dit que l’on partirait quelques jours.
- Vous faites bien.

8

Luc, arrête d’ennuyer Lily avec tes inquiétudes !
- Ça ne m’ennuie pas Mya, c’est normal pour un père de s’inquiéter.
- Mais toi Lily, tu n’y es pour rien.
- Mais je ne lui ai pas dit que c’était de sa faute.
- Je l’espère bien. Mon chéri, va plutôt aider Fred et Eric. 

9

J’ai vu que vous aviez réussi à lui faire une jolie petite coupe.
- Oui, on a essayé, mais ça pousse drôlement vite, c’est mieux maintenant ! Mais ça fait vraiment bizarre, on a l’impression de coupé les cheveux à quelqu’un qui est mort. 
- Oui, je te comprends. 

10

Dis-moi Fred, heureux des fiançailles de James avec Serla ?
- Oui, énormément, mais j’aurais tellement voulu que sa mère soit là. 
- Je te comprends. C’est un bon petit et il t’a toi.
- Je n’y suis pas pour grand-chose, même si je savais qu’il y avait quelque chose de bon en lui, il fallait seulement qu’il trouve celle qui le lui montrerait.
- Et il l’a trouvé.
- Oui.
- Tu veux que je t’aide ?
- Pourquoi pas, vous pourriez surveiller la viande, pendant que je vais nous chercher un petit whisky japonais que je viens de dénicher, un vrai petit bijou. 
- J’en ai déjà l’eau à la bouche.

11

Bientôt les vacances ?
- Oui.
- J’espère qu’il arrivera a laisser les soucis à la maison. 
- Je l’espère moi aussi Mya, quelquefois en me réveillant, je me dis encore combien de temps, ensuite, je m’en veux d’avoir eu ce sentiment, car ce n’est pas juste pour sa famille. 
- Ne t’en veux pas, je pense que l’on a tous à un moment ou à un autre eu ce sentiment. 

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                                                                             ~~~

12

Alors Mama, ça été avec le docteur ? 
- Ne m’en parlez pas, je savais bien ce qu’il allait me dire.
- Comment ça ?
- Le bla-bla des médecins pour refiler leurs médocs ! 
- Mama…
- Mais oui ! Apparemment, je serais dans un état de grande fatigue émotionnelle qui causerait une forme de grande tristesse. 
- Et toi, tu n’es pas d’accord avec ce qu’il dit ?
- Je voulais seulement qu’il me dise pourquoi j’entendais ses voix, au lieu qu’il me dise que je suis dépressif ! 
- Il n’a pas vraiment dit ça. 
- Je sais lire entre les lignes.

13

Parlons d’autre chose les filles, ça vous dirait des glaces ?
- Et comment ! Je vais nous en préparer.
- Non restez ici, je vais vous les faire, j’ai besoin de me défouler un peu.

14

Mama ne revient pas ?
- Elle a voulu rester à l’ombre du perron pour se reposer.
- Elle semblait bien énervée avec ce que le médecin lui a dit. 
- Sylbie, qu’a-t-il réellement dit concernant Mama ?
- Pour lui, c’est une forme de dépression, mais causé par le manque de sommeil. Il veut absolument qu’elle dorme, il le faut pour sa santé. 

15

Mais ça, on le savait déjà ! C’est normal avec tous les événements tragiques qui se sont succédé.
- Va-t-il lui faire faire quand même des examens ?
- Pour l’instant non, il lui a donné un traitement pour le sommeil et pour calmer ses angoisses nocturnes.
- Seulement ? 
- Il veut déjà voir comment elle va réagir au traitement.
- Il lui a donné des somnifères ? 
- Pas exactement, ce sont plutôt des médicaments genre phytotherapie-homeopathie.

- Ah d’accord, j’espère que ça ira.
- Moi aussi.

16

Au fait Sylbie, Serla va avoir une visite.
- Arrête Sylvania !
- C’est qui ?
- Il vient voir la fiancée.
- N’importe quoi !
- Hé les filles arrêtaient de vous taquiner et dites-moi qui va venir.
- Tu ne devines pas qui pourrait venir voir notre Serla qui c’est nouvellement fiancée ?
- Fred ?
- Bingo !
- Quand ? 
- Sûrement le mois prochain.
- C’est normal qu’il veuille voir sa future belle-fille et les félicités.
- C’est malin… Il m’a dit que cela faisait longtemps qu’il ne nous avait pas vus.
- Woué, l’excuse pour ne pas te mettre la pression et Sylbie est de mon avis. 
- Tout à fait ! 

                                    Ahahaha !

17

Bonjour Mama, déjà rentré ? 
- Eh oui…
- Sylbie est là ? 
- Elle vient juste de rentrer pour coucher Jason. 

18

Alors Mama, comment cela s’est-il passé ? 
- Tu veux vraiment savoir ?
- Si je te pose la question, c’est que je veux vraiment savoir.
- Il a parlé d’état de tristesse qui m’empêcherait de dormir, comme si je ne savais pas qu’il voulait parler de dépression ! Qu’il fallait que j’arrive à dormir et m’a aussi donné une nouvelle génération de somnifères. 
- Pour ce que j’entends, son diagnostic n’est pas ce que tu voulais entendre et concernant ce qui te réveille la nuit ?
- Que ce n’est que mon imagination due à la fatigue qui me joue des tours.
- Je suis sûr que tout s’arrangera dès que tu auras retrouvé un bon rythme de sommeil.
- Je l’espère. 

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                                                                                ~~~

20

Alors papa, tu ne veux pas te mettre à côté de Fred ? Je suis sûr que j’arriverais à marquer même avec vous deux.
- Essaie déjà avec l’un de nous.
- Trop facile. 

21

Bien joué, Fred ! Alors que disais-tu mon fils ? 
- Je n’étais pas prêt, c’était un coup d’essai.
- Un coup d’essai ? Si tu le dis. 

22

Alors que ce passe-t-il ici ?
- C’est Eric et son père, comme d’habitude. 
- Tu as fini de faire du roller ?

23

Oui, je me suis fait mal au dos en tombant.
- Tu veux qu’on rentre ? Tu veux aller voir un médecin ?
- Non, ça va aller, je vais me reposer un peu. 
- Où sont les autres ?
- Au concours hot-dog, tu sais qui s’y est inscrit ?
- Non ! Encore ? Elle va être malade.
- C’est ce que je lui ai dit. Les autres sont restés pour voir ça. 
- Elle s’amuse, c’est déjà ça. 
- Oui.
- Et les enfants ?
- Ils l’encouragent à fond. 
- J’ai bien envie de voir ça ! 

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                                                                             ~~~

25

Alors Mama, je te trouve bien soucieuse, que ce passe t-il ?
On a tout préparé pour l’arrivée de Fred, ne t’inquiète pas, on se charge de tout. On ne veut surtout pas que tu te fatigues. 

26

Je sais et vous êtes des anges, c’est seulement que je me sens vide aujourd’hui plus qu’hier… Comme si j’étais là, sans y être ou que quelque chose me manquait. Je t’assure que je me sens pire depuis mon traitement.

27

Je pensais que j’irais mieux, mais il me semble que c’est le contraire. Tu y comprends quelque chose toi ? Tu crois que je deviens folle ? 
- Non, peut-être que le traitement est trop fort ou pas assez, tu en as parlé à ton médecin ?
- Il va m’enfermer pour de bon, si je lui dis ça.

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Arrête de dire des bêtises appelle-le, il te dira si ce sont les effets secondaires du traitement. 
- Je le ferais demain, pour le moment, je vais cueillir quelques tomates pour nous faire une bonne salade.
- Laisse Mama, je vais le faire. 
- Non, c’est gentil, mais je dois absolument m’occuper pour ne pas ressasser toujours la même chose. 
- D’accord, mais tu ne fais rien d’autre ! 
- Promis.

29

Tu as vu comment James était content de voir Fred ?
- Oui, je pense qu’il réalise vraiment qu’il est son père et qu’il ne lui reste que lui.
- Oups ! Il t’a toi aussi Serla.
- Et nous aussi !
- Oui, c’est vrai. 
- Ça vous dit une petite sieste sur les chaises longues ?
- La dernière arrivée apporte les boissons aux autres.

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Voilà de très magnifiques tomates pour ma salade.

31

Il y en a beaucoup, je ne vais pas laisser toutes ces tomates se perdre… Je vais les ramasser pour en faire des coulis et des confitures. 

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Papa, tu nous rejoins ?
- Sûrement tout à l’heure James.
- D’accord.

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Eh les filles, on n’est pas bien ici ?
- Oui, trop bien, même. 
- Ecoutez ce silence.
- Oui, aucun bruit.
- Attention ne parle pas trop vite, les bébés pourraient se réveiller.
- Non, pas tout de suite, qu’ils me laissent au moins faire ma sieste !

34

Je suis contente que tu aies pu te libérer pour venir nous voir, même si je sais que c’est pour l’heureux événement.
- C’est vrai que c’est un peu le déclencheur de ma venue, mais vu que personne aujourd’hui ne veut plus quitter cette île, j’en profite pour venir tous vous voir. 
- C’est vrai qu’on a dû mal à quitter cet endroit paradisiaque. 

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Phil, tu n’aurais pas oublié quelque chose ? 
- Non, je ne pense pas. 
- Tu joues à chat-ballon comment sans ballon ? 
- Zut ! On va demander aux filles de nous l’envoyer.

36

Sylvania, je crois que Phil te demande quelque chose.
- Pour ce que je vois, ils sont tous les trois à faire de grands signes, pas seulement Phil.
Vous avez une idée de ce qu’ils veulent ?
- Je pense avoir compris.
- Que veulent-ils ?
- Je pense que c’est le ballon.
- Et ils ne peuvent pas venir le chercher ?
- Apparemment non.
- Je ne sais pas pour vous les filles, mais moi, je ne sais pas où il se trouve. 
- Et même si on le savait.
- Je suis d’accord avec toi Sylvania.
- Si l'on ferme les yeux, on ne les verra plus.
- Bonne idée.

37

Voilà une autre journée qui se termine, ça m’a fait du bien de revoir Fred. 
Il est vraiment charmant, je me demande si je n'ai pas dans mes connaissances, une jolie femme célibataire pour lui présenter. 

38

Et maintenant, les médocs, je me demande si je dois continuer ce fichu traitement. Je me sens si étrange depuis ce traitement et en plus, les voix sont toujours là. 

39

Maintenant, la tisane pour faciliter l'endormissement… J’entends encore le docteur me dire… « Pour être efficaces, la tisane doit être bue, juste avant d'aller au lit ». Voilà, c’est ce que je fais depuis plusieurs nuits et semaines, pourtant mes nuits sont encore plus bizarres maintenant. 

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                                                                                      ~~~

  

                                                                                 ~~~

43

Mais c’était quoi ça comme rêve ! Je n’y comprends rien ! 
En plus de continuer à faire des cauchemars, maintenant à cause des tisanes, je n’arrête pas d’aller faire pipi la nuit ! Maudit traitement à la noix !

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MON DIEU !! 

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On a été cambriolé ! 

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Les bébééééés

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Ma vie est maudite !

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Où sont passés mes bébés ? Qui a pris mes petits ? 

49

Noooooon, arrêtez ! Je n’en peux plus, je ne veux plus de cette vie ! Rendez-moi ma vie ! 

50

Voilà, j’ai fini de mettre au clair mes dernières notes, ainsi que les dernière observations de Mme Makamaé Nolann maintenant je peux rentrer à la maison.

51

Melissaaaaa ça y est ! 
- Ça y est, de quoi parles-tu ?
- Elle vient de se réveiller !
- Oh mon Dieu ! Enfin le miracle qu’on attend depuis si longtemps ! 
- Tu as prévenu Charles ?
- Oui.
- On y va !

52

C’est vrai ce qu’on raconte ? Elle s’est enfin réveillée ?
- Oui, je vous demande de prévenir sa famille. 
- D’accord docteur, je vais le faire tout de suite. 

53

Il faut qu’on l’examine avant qu’il puisse la voir. Vous les ferez donc patienter dans la petite salle de réunion, le temps qu’on procède à quelques examens, ensuite, on les recevra dans le petit bureau. Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre avec ce réveil.
- D’accord Docteur. 

54

J’ai dû mal à réaliser. 
- Et pourtant, c’est vrai, tu imagines depuis 7 ans.
- Oui, je me demande comment elle va réagir à tout ce qui s’est passé depuis tout ce temps. 
- Moi aussi.
- Sinon tu penses y arriver avec les trois en attendant que les autres arrivent ? 
- Oui, t’inquiète ce ne sont plus vraiment des bébés. 

54

Eric, ne les laisse surtout pas conduire dans leur état !
- Oui, tu l’aurais entendu au téléphone, c'est pour ça que je leur ai dit que je les conduirais à l’hôpital.
- Et pour ta sœur, tu passes la prendre chez elle ?
- Non, elle nous rejoint directement là-bas. Côme par contre te rejoindra avec Jason et les autres.
-Ok. 

55

Tu penses que vous pourrez la voir tout de suite ?
- Apparemment pour ce qu’il m’a dit, elle doit avant subir des examens, Sylbie et moi, on attendra avec eux.
- Tu as raison. 
- Voilà, on arrive, je vais leur dire que tu les attends.

56

BOUUUM ! PAM !! 
Ah ! AkIDENT !! 
- Ayête Nahaa ! Laisse-moi tankil ! Pouche-toi !
- Mais on a fait akident, yature caké.
- Tata yy, Nahaa fait akident a ma yature !

57

Alors petite coquine, tu ne laisses pas ton frère tranquille ?
- Mais, je zou avec lui.
- Je comprends, mais Arthur n’est pas d’accord, alors trouve-toi un autre jeu, ma chérie. 

58

Regarde ma puce, il y a plein de jouets ici et même des nouveaux. 
- C’est papa aketé.
- D’accord, alors joue avec, je vais chercher ton frère. 

59

Arthur, le trotteur s'est fini pour aujourd’hui. Tu sais Jason va bientôt arriver pour jouer avec vous trois. 
- Zazon à moi euleument ! 
- Pourtant, tu sais, c’est bien plus rigolo de jouer à plusieurs. 

60

Tata yy.
- Oui, Noãn 
- Zazon aiive bintô? 
- Oui, bientôt, mon chéri.

61

Nina après qui râles-tu encore ?
- Ou vas-tu Arthur ?
- Nina casse mi tête à moi ! Vais zoué loin !

62

Que t’arrive-t-il encore Nina ?
- Ce zoué est nul ! Moi veut zoué avec tôteur.
- Pourquoi dis-tu qu’il est nul ?
- Ça yante pas dans le tou, eugade !
- Normal, il y a des formes et tu dois trouver ou elles vont, c’est un jeu de patience et de réflexion, je te montre. 
- C’est nul !
- Sinon, veux-tu jouer avec tes frères aux cubes ?
- Vouiii.

63

Athur, on va se caché pour faille supise a Zazon ?
- Wouééé, faille supise a Zazon.
- Ou caché nous ?
- Je ché pas…

64

Où est passé Côme ? Il est parti rejoindre Sylbie et Eric ?
- Non, il est en bas au téléphone avec Sylbie, il n’entendait rien avec les petits.
- Tu m’étonnes, on va finir sourd avant l’âge, s’ils continuent.

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                                                                                         ~~~
66

Comment vont les petits, pas trop stressés ? Et Jason ?
- Ne t’inquiète pas, ils sont si heureux de se retrouver que j’ai dû descendre pour t’entendre tellement ils font de bruit. Alors, dis-moi, il y a du nouveau ?
- Non, toujours rien, je suis sortie pour t’appeler, mais on n’a pas de nouvelle. On attend dans une salle de réunion, pour le moment, on a vu encore personne. Je vais remonter, je vous tiendrais au courant. 
- D’accord. 

67

Alors que t’a dit Sylbie ?
- Ils attendent toujours pour la voir. 
- Comment ça ? 
- Ils n’ont pas encore vu le médecin ?
- Non, ils sont dans un bureau et attendent.
- C’est incroyable qu’on les appelle pour ensuite les laisser comme ça sans nouvelles ! 

68

Nahaa, papa veut pas que tu manges les babi.
- Je mange pas, ze houte, ça sent la faize.
- Bék t’es déoytante ! 
- Poukoi tu enleve pas la babi ?
- Hihihi ! Coinkééé dans mi houche.
- Tataaaaaaaa Nahaaa babi coinkééé bouche !

69

Alors vous êtes bien installé ?
-Viiiii. 
- Ils ne peuvent vraiment pas s’empêcher de tout mettre à la bouche ! 
- Heureusement que la bave fini par sécher, imagine si toute cette bave avait l’aspect de la bave d’escargot.
- Beurk, je les trouverais bien moins mignons. 

                                  Hahaha ! 

70

Je ne comprends pas pourquoi ils ne leur disent rien.
- Au fait, où sont les parents de Sylbie ?
- Ils attendent chez eux.
- Ils auraient pu se joindre à nous. 
- On leur a proposé, mais Luc était un peu souffrant. 
- D’accord. J’espère que l’on aura vite des nouvelles. 
- Moi aussi, c’est long pour nous d’attendre, alors je n’imagine même pas pour eux. 

71

Zé un ube zoone. 
- Non, c’est bieu. 
- Non zoone. 
- N’impote quoi ! Zazon too petit, conné pas couyeur. 
- Moi conné, maman dii cé zonne.

72

Alors à quoi jouez-vous? 
- Aux hubes.
- D’accord, mais vous êtes obligé de baver autant sur vos cubes ?
- Bavv pas nous ! On youtte les ubes.
- Vous les goûtez ? Si vous le dites. 
Les enfants, dites-moi sincèrement, vous ne vous comprenez pas vraiment, quand vous vous parlez ? 
- Euh si… poukoi ? Tonton pas compende ? Tonton paylle pas fançais ? 
- Si, si moi je parle bien le français, vous en revanche, je ne sais pas. 
- Nous on payllons fançais. 
- Vous êtes sûr ?
- Viii maman dit oui. 
- D’accord, si elle vous l’a dit.

73

C’est incroyable qu’on nous laisse comme ça sens nouvelle ! C’est du n’importe quoi ! 
- Alors, imagine le stress pour eux.
- Oui, oui les pauvres. 

74

Bonjour, nous sommes vraiment désolés de vous avoir fait attendre. Il faut que vous sachiez que dans ces cas-là, la période de réveil est délicate, chaque réveil est toujours une incertitude, on se demande toujours quel sera le degré de réveil du patient. 
Et dans son cas, nous voulions la stabiliser et comprendre le pourquoi avant de procéder à certains examens. 

75

Comment ça, la stabilisée ? Qu’en est-ce qu’on pourra la voir ? 
- Bientôt, mais vous devriez vous asseoir, afin que l’on puisse vous expliquer la situation. 

76

Ça y est !
- Ils sont avec elle ?
- Non, pas encore, pour l’instant, ils sont avec les médecins. 
- Ok, Sylbie et Eric sont avec eux ?
- Non. 
- Oh là, je me demande si c’est bon signe.

77

 Je ne comprends pas pourquoi Eric et Sylbie n’ont pas pu rentrer avec eux.

- Moi aussi, je trouve que c’est trop bizarre.
- Ils ont surement des choses confidentielles à leur dire.
- Comme quoi ? Trop bizarre !

78

Moi ça m’inquiète ! Et s’il y avait de graves séquelles ? 
- Tu penses qu’il y a un problème ? 
- Je ne sais pas, pourquoi vouloir juste parler à la famille, si tout allait bien. 
- J’espère qu’il n'y a rien de grave, du moins qu’on ne puisse gérer. 
- Je l’espère tellement. 

79

Je comprends votre empressement de vouloir la voir au plus vite, mais avant toute chose, je voulais vous demander deux choses, ensuite, on tentera de vous expliquer la situation. 
Vous nous aviez parlé, que vous notiez sur des cahiers tout ce qui se passait dans vos vies. 
- Oui, on a tenu si on peut dire ça comme ça, un journal de bord de ses 7 années, en racontant ce qui nous arrivait à nous et a nos amis, je vous assure que ça en fait des cahiers.
 

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Je me pose une question.
- Laquelle ?
- Comment expliquer à une personne, qu’il y a 7 ans, l’avion qui la ramenait de Riverview vers Rhodes s'est crashé en mer et que depuis elle était dans un coma avec de multiples fractures. 
- Oui, c’est vrai, 7 ans déjà… Je me demande comment elle va réagir. 
- Vu que ses derniers souvenirs sont ceux du crash, je pense que les premières secondes ou minutes vont être dures.

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                                                                              ~~~

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On aimerait savoir si vous pouviez nous prêter vos cahiers ? Mais vous n’êtes pas obligé d’accepter. 
- Oui, bien sûr cela ne me dérange pas, mais pourquoi ? 
- On va y venir, ensuite, on aimerait vous demander si dans vos familles, il y aurait eu des événements qui sortiraient un peu de l’ordinaire ?
- De l’ordinaire ?
- Oui, un peu dans le domaine du surnaturel.
- Non, j’ai bien écrit un livre où il y avait un peu de surnaturel, mais nous, on vient de famille tout à fait normale.
- D’accord, je comprends un peu mieux. Ce que vous devez savoir, c’est que son réveil a été très agité, elle est dans un état de grande confusion. Je suis contraint de vous dire que son état nécessite l'intervention en urgence d'un psychologue avant tout contact avec la famille. 
Vos notes seront d’une grande aide pour elle et pour nous, pour l’aider à comprendre et à trouver dans sa réalité à elle, la vérité réelle. 
- Dans un état de grande confusion ? L’intervention d'un psychologue ? Que voulez-vous dire docteur ?

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Je comprends votre réaction, ne vous inquiétez pas, il est normal et conseiller d’avoir un accompagnement psychologique à la sortie d’un coma. 
Mais on doit vous avouer que nous la trouvons fortement perturbée. Son état est tel, qu’elle n’arrive pas à comprendre où elle se trouve, ni si elle est morte ou vivante. 
Elle est en proie à de fortes hallucinations de malédictions et autres. 
Elle se trouve dans un état de complète confusion avec sa réalité. Elle a besoin d’une aide psychologique pour y voir clair. Avec vos notes, nous l’emmènerons à se poser les bonnes questions et surtout à trouver les bonnes réponses. 

85

Sa réalité ? 

- Oui, la sienne, celle qu’elle s est crée et vécu en parallèle avec nôtre réalité comme nous la connaissons.
- Comment ça ! Elle est dans le coma depuis 7 ans, comment a-t-elle vécu une vie en parallèle avec la nôtre ? Franchement ne pensez-vous pas que cela l’aiderait et la rassurerait de nous voir ? 
- Je suis désolé, mais vous voir pour le moment serait pire pour elle. Il va falloir y aller doucement et voir avec le psychologue comment procéder pour ne pas provoquer un autre choc qui pourrait causer d’autres séquelles psychologique, vu son état. 
- Comment le faîte de nous voir, pourrait lui causer des séquelles psychologiques ? Je ne comprends pas ! 
- Nous ne pourrons pas forcer les choses, il va lui falloir du temps pour comprendre le pourquoi. Néanmoins, nous sommes optimistes. 
- Optimistes ? Comment ? Expliquez-nous comment elle a fait pour vivre une vie dans le coma ? Comment le faîte de nous voir, peut lui causer un choc ! 
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Et si l’on allait leur donner à manger et les coucher pour la sieste ?
- Nooo tata, on zouuu.
- Mais les loulous c’est l’heure, après la sieste si vous voulez. 
- Je vais demander de l’aide.
- D’accord.

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Bon voilà, ils sont enfin couchés, on va avoir un peu de calme.
- C’est vrai qu’ils en font du bruit a eux quatre.
- Tu penses, qu’ils sont déjà avec elle ?
- Je ne sais pas, j’espère que l’on aura bientôt des nouvelles. 

- Tu sais à quoi je viens de penser ?
- A quoi ?
- On a bien fait l’autre jour de lui couper les cheveux.
- Oh oui, t’imagine si elle s’était réveillée avec la coupe à Raiponce. 
-Là, tu exagères un peu quand même. 
- Si l’on ne le lui avait jamais coupé durant ces 7 ans.
- Oui, effectivement, elle aurait été notre petite Raiponce. 


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Pour ce qu’elle raconte, on pense qu’elle s’est créé une réalité, une seconde vie pendant qu’elle était dans le coma, même si c’est très rare ça peut arriver. 
Ne pouvant plus accéder à la réalité, son esprit est arrivé à s’en créer une durant ces 7 ans avec les fragments que son cerveau est parvenu à capter de l’extérieur. Sûrement de vos histoires que vous lui racontiez, de la télévision que l’on laissait allumée à certains moments de la journée ou encore même des lectures que vous lui lisiez. Mais ce n’était que des fragments, des phrases inachevées, ou des conversations qui se mélangeaient les unes aux autres, donc beaucoup de vide, son esprit a donc comblé ces vides en formant sa réalité. 
Ce qui a permis, j’en suis sûr, de maintenir ses fonctions cérébrales en activité même au minimal pour certaines et qui dans un sens et une bonne chose, car on n’a pas trouvé de grandes séquelles au niveau cérébrales, c’est pour cette raison que l’on a aucun doute de son rétablissement. 
Mais pour le moment, la vie que Mme Nolann Makamaé s’est créée, dans cette vie là, elle vous a perdue.

- Comment ?? 

- Désolé de vous le dire comme ça, mais pour votre mère M. Nolann, vous êtes tous les deux… Mort. 

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ON EST QUOI ? ON EST MORT ??