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Tiens, ils ont déjà mis le banc, cela veut dire qu’ils ont fini le ponton… la péniche de James va pouvoir être rapatriée. Je vais profiter tant que le taxi n’est pas encore arrivé d’aller voir de plus près.

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C’est exactement comme je leur avais demandé… maintenant faut que j’y aille le taxi est sûrement arrivé.

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Je vois qu’Angie est déjà partie… cette petite exagère de partir comme ça dans son état.

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Cette petite va me tuer… je vais aller nager ça me fera du bien de penser à autre chose.

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  Vous êtes déjà debout ?
- Je vois que toi aussi Mama.
- Tu sais à mon âge, on se couche-tôt et on se lève tôt.
- Eh bien, moi, je trouve que tu as beaucoup d’énergie. 

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Mon amour, il parait que la vie est une histoire que l’on écrit, qui se vie au jour le jour. 
Mais cette histoire que je vis aujourd’hui sans toi, il me semble bien que je ne vais pas pouvoir continuer à l’écrire, alors pourront-ils eux, le faire à ma place... à notre place ?

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Tu as vu, c’est enfin fini ?
- Oui, ça tombe bien le gardien du port m’a appelé hier soir pour me prévenir que la péniche était arrivée au port.
- Je vais donc pouvoir la ramener.

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Hank, y va avec toi ?
- Oui, il m’emmène au port ensuite, il rentrera avec la voiture, cela nous évitera de retourner la rechercher et ça ne me dérange pas de ramener seul la péniche. 

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Nicolas… tu es parti sans me dire au revoir, tu es parti du jour au lendemain, sans même un signe de la main et au moment où tu es parti de ma vie pour toujours, mon cœur s'est déchiré. 
Nicolas, je crie vers toi… m’entends-tu ? Je me sens faiblir, je sens qu’elle me tue à petit feu. 
Aide-moi, s’il te plaît mon amour, aide moi à faire tout ce qu’il faut avant que le jour n’arrive, avant qu’elle ne me tue. 

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Je ne la trouve nulle part ! J’ai cherché partout, mais pas de trace d’Angie.

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Tiens, je vois Mama, je vais lui demander si elle sait où est passée Angie.

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Coucou Mama, je ne trouve pas Angie, tu sais dans quel coin de la propriété, elle se cache ?
- Tu ne sais pas ? Je pensais qu’elle te l’avait dit.

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Dis quoi ? Je devrais savoir quoi ?
- Tu sais avant que le médecin ne lui dise de rester tranquille, elle y allait tous les jours, alors quand le médecin lui a dit qu’elle ne pouvait plus le faire, elle s’est résignée à n’y aller qu’une fois par semaine. 
Alors ce jour-là, elle se lève tôt, un taxi vient la chercher et elle revient quelques heures après.
- La chercher ? Pour aller où ? 
- Au cimetière. Le jour anniversaire où Nicolas nous a quittés. 
- Le mercredi... on est mercredi.
- Oui.

16

 

Nicolas, si seulement tu pouvais me prendre encore dans tes bras, si seulement je pouvais encore sentir l'odeur de ton corps tout cela me serait tellement moins pénible à vivre. 
Je me rappelle la façon que tu avais de me parler et de me réconforter quand j’en avais besoin. Aujourd’hui, j’ai besoin de toi plus que jamais, mais toi, tu n’es plus… cette épreuve est si lourde à porter seule. 

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Mama, tu veux que j’aille voir si tout va bien ?
- Non, le taxi est informé de son état, il sait qu’il faut qu’il fasse attention à elle, je vais vous laisser maintenant.
- A plus tard Mama.

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Côme et si elle avait un malaise ? Et si le chauffeur de taxi ne s’apercevait de rien ? Et ….
- Sylbie, calme-toi. Tu as entendu Mama, elle nous a dit de ne pas nous inquiéter. 
- Je n’y arrive pas, elle est là-bas toute seule.
- Sylbie, il ne va rien se passer et je suis sûr qu’elle va arriver comme si rien n’était.

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Tu en es sûr ?
- J’en suis sûr, et même certain, essaie de te détendre, pour notre bébé.

20

Mon amour que dois-je faire pour éviter que tous ses sentiments me détruisent encore plus vite ? 
Je dois te laisser maintenant… A bientôt mon amour. 

21

Attends qu’elle rentre, elle va m’entendre.

22

Angie… Angie, comment t’en vouloir. Tu as perdu l’homme de ta vie et la seule façon de te retrouver avec lui, c’est d’aller là où ils ont mis son corps.

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Tu ne dis rien Sylbie ?
- Que veux-tu que je te dise Angie… que tu es inconsciente, insensée, mais ça… je sais que tu le sais déjà. 
- Désolé.

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Angie, je n’ai pas le droit de te juger, mais tu dois être plus prudente dans ton état. Je m’inquiète, car je sais que tu ne nous dis pas tout sur ton état.

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Désolé, Sylbie.  Mais, tu vois, je suis là et je vais bien. En plus, j’en ai profité pour nous acheter du chocolat  et deux livres à lire.   

- Choc et de la lecture ? Hummm... tu es à demi pardonné.

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On n’est pas bien là ? Après quelques chocolats, petite détente devant un bouquin que demander de plus.
- Que tu sois plus prudente Angie.
- Promis…

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Sylbie, tu dors ?
- Non, je me repose.

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Comment fais-tu pour rester couche sur le ventre aussi longtemps sans sentir ton ventre s’écraser ? 

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Facile, j’ai fait un trou dans le sable sous la serviette pour y caler mon petit ventre rond.
- C’est ce que j’ai fait, mais ça ne marche pas avec moi.
- Vu la taille de ton ventre Angie, c'est un gros trou que tu dois faire. 
- C'est malin ! 

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Tu peux aussi te mettre sur le dos, tu vois comme cela.
- J’ai essayé, mais c’est pire, j’ai l’impression que le bébé va me sortir par la bouche ! 
Il faut que je bouge, je vais boire un jus de fruits, tu veux quelque chose ?
- Non merci…

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Mais que fait Angie ? Pourquoi n’était-elle pas revenue ?

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Mais c’est Angie là-bas.

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Angie, pourquoi m'as-tu laissé toute seule sur la plage pour te mettre à…. Peindre ?
- Désolé, il faisait trop chaud, je ne pouvais plus rester sur la plage. Alors, tu en penses quoi ?
- De quoi ?
- Eh bien de ma peinture.
- Heuuuu Je ne sais pas quoi dire.

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Tiens, Julie, on voudrait avoir ton avis sur l’œuvre d’Angie.
- Je dois être franche ?
-Oui bien sûr, dis-nous ce que tu en penses. 
- Euuuuh, en fait… j’en reste sans voix.
- C’est de l’arc abstrait, on voit bien que vous n’y connaissez rien…

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Hihihi ! 

- Rigolé bien, vous verrez dans quelques années.
- Si tu le dis, on va te laisser, on ne voudrait pas perturber l’artiste.
- C’est ça !

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Et voilà finit… je la trouve très bien, moi cette toile. Je me demande bien où je vais l’accrocher.

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Je te trouve un peu pâle Angie, ça va ?
- Je ne sais pas trop, mais je pense que chocolat et grossesse ne font pas bon ménage.
- Le chocolat qu’on a mangé cette après-midi ?
- Oui, je l’ai encore dans l’estomac.

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Je ne savais pas qu’il restait encore du chocolat.
- Il n’y en avait plus, j’en ai racheté ce matin. 

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Super ! On va pouvoir en manger un peu, qui veut du chocolat ?
- Euh… Mama en fait, il n’en reste plus.
- Mais Angie, tu en avais acheté quatre boites !
- Autant que ça ? Ça pourrait expliquer bien des choses.

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Elle en a mangé combien ?
- J’en ai mangé une boite avec elle, donc si elle dit qu’il n’en reste plus, c’est qu’elle s’est englouti les trois autres.
- Oh, la vache !

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Je comprends que tu aies l’estomac à l’envers, qui ne l’aurait pas à ta place ! Tu veux que je te fasse une tisane ?
- Non, ça va passer.

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Le ventre des filles s’arrondit drôlement, Sylbie compte accoucher sur l’île ?
- Non, même si je sais que c'est difficile pour Sylbie et Angie de se quiller, on ne reste que deux semaines cette fois-ci. Angie n’accouchant pas avant, un peu plus de deux mois, on reviendra à ce moment-là, dut moins je l’espère, c’est surtout suivant l’état de Sylbie.
- Je comprends, mais faudra venir nous montrer votre bébé !
- Bien sûr qu’on viendra, et cela, dès que le médecin nous donnera le feu vert.

44

Tu sais, j’aurais tant voulu qu’il soit là lui aussi. 
- Je sais, c’est dur pour tout le monde, encore plus pour Angie et Mama… Allons avec les filles Côme.

45

Alors Angie, il parait que tu as presque fini d’écrire ton livre ?
- Oui, pratiquement, je suis assez contente de ce que j’ai fait et j’ai même laissé une partie pour vous tous.
- Tu veux qu’on écrive ?
- Oui, certains souvenirs que vous avez eu avec nous.
- On le fera avec plaisir.

46

Tu sais Hank, même si on ne peut pas encore lire son livre, on peut toujours admirer ses toiles.
- Ses toiles ?
- Tu ne savais pas qu’Angie s’est mise à peindre ?
- A peindre ? Non, c’est vrai ?
- Oui et c’est quelque chose !

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Alors, tu ne leur as pas encore montré ?
- Non pas encore, mais pourquoi, ai-je l’impression que tu te moques.

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Non, je ne me moque pas, c’est seulement que lorsque que Sylbie me l’a montré, j’ai pensé que c’était le dessin d’une de mes admiratrices en maternelle.
- Ah Ahah ! Très drôle ! Je savais bien que tu allais me dire quelque chose dans ce genre-là. Tu n’y comprends rien, c’est de l’arc abstrait.
- C’est ce que Sylbie a tenté de me faire comprendre à moi qui ne suis qu'un architecte. 

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Alors comme ça, tu ne me montres pas tes œuvres ?
- C’était ma première toile, comme je ne savais pas encore à qui l’offrir, je l’ai accroché au coquillage, tu peux aller la voir.
- Eh les hommes ! Laissez-la tranquille avec sa toile !
- T’inquiètes tata, ils ont l’air si intéressé par mes œuvres que je vais commencer tout de suite à peindre une toile pour chacun. 

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Je crois bien que Sylvania et Serla vont avoir droit à leur toile.
- Je le crois aussi.

51

Côme, tu es impossible, je t’avais dit de ne pas te moquer de sa toile !
- Je plaisantais.
- Oui, je sais, maintenant moi, je te promets que j’accrocherais la prochaine toile d’Angie sur le mur de notre chambre, tu vois là, juste au-dessus de notre lit.
- Au-dessus de notre lit ?
- Oui.
- Chérie, là, tu me le fais payer cher.
- Tu crois ?

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Angie, on va se coucher, ne reste pas trop longtemps debout, ce n’est pas bien dans ton état.
- Je vais y aller, ne t’inquiète pas.

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Tu sais que Côme adore te taquiner.
- Oui, je sais. Je ne lui en veux pas, bien au contraire, j’ai eu l’impression que c’était comme avant, quand… quand Nicolas était encore là.

54

Ma chérie…
- Ne t’inquiète pas, bonne nuit ma tante.
- Bonne nuit ma p’tite Angie.